Cani Valais

Bon à savoir

Les conseils de cette page s’appuient sur des travaux de recherche reconnus et sur les voix qui font référence en matière de comportement et d’éducation canine, notamment des comportementalistes animaliers et des organismes vétérinaires spécialisés. Ils reflètent des méthodes modernes, positives et fondées sur la récompense. Voyez-les comme un bon point de départ, et non comme un substitut à un accompagnement sur le terrain ou à l’avis de votre vétérinaire.

Si votre chien manifeste une peur, une anxiété ou une agressivité marquées, n’hésitez pas à me contacter ou à en parler à votre vétérinaire.

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Votre énergie et votre langage corporel

Montrez à votre chien l’état d’esprit que vous voulez, pas celui que vous ressentez.

Votre chien est très à l’écoute de votre énergie. Lorsqu’il fait quelque chose qui vous agace, la tentation est de hausser le ton. Mais le chien ne comprend pas les cris : il les interprète soit comme une façon de se joindre à ses aboiements, soit comme de l’agressivité, et aucun des deux ne l’amènera à faire ce que vous attendez. Respirez, et devenez la version calme de vous-même que vous souhaitez voir votre chien refléter.

McConnell, The Other End of the Leash (2002).

Votre chien lit votre corps avant d’écouter vos mots

Si vous abordez votre chien de face, penché au-dessus de lui et en le regardant droit dans les yeux, cela peut être perçu comme une confrontation, même avec les meilleures intentions. Si votre chien semble reculer à votre approche, essayez de vous placer légèrement de côté plutôt que face à lui, adoucissez votre regard en évitant le contact visuel direct, et ralentissez vos gestes. Ce simple changement, en n’étant pas perçu comme une menace, l’aidera à se sentir en sécurité auprès de vous.

McConnell, The Other End of the Leash (2002).

Caressez sous le menton, pas sur la tête

Entre eux, les chiens cherchent à dominer ou à contrôler en posant les pattes sur la tête ou le dos de l’autre, pour le pousser vers le bas. Ils apprécient donc rarement une main qui descend sur la tête ou le dos : la plupart, au mieux, le tolèrent. En revanche, caresser le poitrail, le menton ou le côté du cou est bien plus apprécié. Appliquez la règle des trois secondes : retirez votre main après trois secondes ; s’il se penche vers vous ou en redemande, continuez ; s’il s’écarte, arrêtez. Le chien préfère les caresses aux câlins.

McConnell, The Other End of the Leash (2002).

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Des résultats rapides, dès aujourd’hui

Ne le dites qu’une fois

Chez les humains, hausser la voix et répéter un mot servent souvent à appuyer une demande. Il est donc naturel de répéter « assis, assis, ASSIS » de plus en plus fort. Mais votre chien ne comprend ni les mots ni cette montée en volume : répéter le mot brouille le signal et lui apprend que l’action est facultative. Demandez une seule fois et patientez, laissez-lui un instant pour comprendre, et s’il ne se passe rien, aidez-le à réussir plutôt que de répéter un signal qu’il n’a pas encore assimilé.

Pryor, Don’t Shoot the Dog!

Surprenez votre chien à bien se comporter

Nous avons tendance à ne remarquer le chien que lorsqu’il fait une bêtise. Inversez la logique : récompensez le coucher tranquille, le calme, les quatre pattes au sol, le regard qu’il lève vers vous. Un comportement que l’on remarque est un comportement qui se répète.

Pryor, Don’t Shoot the Dog!

Récompensez dans la seconde ou les deux qui suivent

Le timing est essentiel : le chien associe la récompense à ce qui vient tout juste de se produire ; attendre pour le récompenser peut donc le perdre. Un « oui » ou une friandise qui arrive pendant le bon comportement lui dit exactement ce qui l’a mérité. Quelques secondes trop tard, et vous récompensez ce qu’il a fait ensuite.

Pryor, Don’t Shoot the Dog!

N’appelez jamais votre chien pour quelque chose qu’il n’aime pas

Un « viens » suivi de la fin de la promenade, d’une coupe de griffes, d’un bain ou d’une visite chez le vétérinaire abîme peu à peu votre rappel et le rend moins efficace. Pour tout ce qui n’a rien d’amusant, allez plutôt chercher le chien vous-même. Répondre à l’appel doit toujours en valoir la peine.

American Kennel Club, conseils sur le rappel (akc.org).

Soyez plus intéressant que la distraction

Hors de chez vous, vous êtes en concurrence avec les écureuils, les chats, les odeurs et les autres chiens. Apportez de meilleures friandises, un petit jeu ou un véritable enthousiasme pour mériter qu’il vous choisisse, et rangez votre téléphone. Un maître distrait perdra l’intérêt de son chien au profit de l’environnement, à chaque fois.

McConnell, The Other End of the Leash (2002).

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Comment le chien apprend vraiment

Empêchez la mauvaise habitude de s’installer

Chaque fois qu’un chien fouille le plan de travail, aboie à la clôture ou se précipite par la porte, il devient plus doué pour le faire. Ne lui en donnez pas l’occasion : aménagez plutôt son environnement pour que le comportement indésirable ne puisse pas se produire, et apprenez-lui un comportement de remplacement. Si votre chien saute pour vérifier s’il y a une friandise sur la table, qu’il n’y a rien, et que vous parvenez à interrompre ce geste avant qu’il ne se produise en le récompensant, il apprendra qu’il est inutile de fouiller le plan de travail. La prévention fait la moitié du travail à votre place.

AVSAB, position statement on humane dog training (avsab.org).

Ne nommez le comportement qu’une fois qu’il est fiable

Pendant que votre chien apprend une action, le « assis » par exemple, vous pourriez lui apprendre sans le vouloir qu’un demi-assis est un assis, au lieu du vrai assis, l’arrière-train posé au sol. Associer le mot avant que le chien ne réalise l’action de façon fiable risque de le perdre quant à ce que vous attendez de lui. Obtenez d’abord le comportement, prononcez le mot au moment où il l’exécute, puis utilisez le mot pour le demander une fois qu’il l’a relié à la bonne action. Le comportement d’abord, le mot ensuite.

Pryor, Don’t Shoot the Dog!

Facilitez quand vous compliquez

Un chien parfait à la maison peut tout oublier au parc, et c’est normal. Les distractions y sont plus nombreuses, et la tâche devient donc plus difficile pour lui. Revoyez alors vos attentes à la baisse : exiger la même distance ou la même durée n’est sans doute pas réaliste. Demandez-en moins, puis remontez progressivement, une étape à la fois.

American Kennel Club, les « trois D » (akc.org).

Faites court, terminez sur une réussite

Quelques bonnes minutes plusieurs fois par jour valent mieux qu’une longue séance frustrante. Arrêtez tant que le chien est encore motivé et terminez sur quelque chose qu’il a réussi. C’est ce qui est court et réussi qu’il retiendra. (Je me souviens des longs cours ennuyeux de mon enfance : mon attention décrochait. Celle de votre chien aussi.)

Pryor, Don’t Shoot the Dog!

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Lire son chien

Les premiers signaux de stress

Un bâillement hors contexte, un coup de langue sur le museau, la tête qui se détourne ou un croissant de blanc qui apparaît dans l’œil (le fameux « œil de baleine ») : autant de signes que le chien est mal à l’aise. Il vous demande de ralentir ou de lui laisser de l’espace. Il ne vous défie pas : il vous dit qu’il est stressé ou inquiet de quelque chose. Les repérer tôt vous aide à prévenir la réactivité.

Rugaas, On Talking Terms with Dogs: Calming Signals.

Laissez-le renifler

Le flair, c’est la façon dont le chien lit le monde, et une promenade qui lui en laisse tout le loisir l’apaise et le fatigue bien plus qu’une marche forcée au pas de course. Une étude a même montré que pratiquer régulièrement la recherche olfactive rendait les chiens nettement plus « optimistes ». Ménagez des moments « va renifler », à la fois récompense et soupape : voyez cela comme le Facebook canin, car les odeurs communiquent bien plus aux chiens qu’à nous.

Duranton & Horowitz (2019), Applied Animal Behaviour Science 211: 61–66.

Soyez cohérent dans toute la famille

Si l’un autorise le canapé et l’autre l’interdit, ou si chacun emploie des mots différents pour la même chose, le chien n’entend qu’un brouillage au lieu d’un signal. Mettez-vous d’accord en famille sur les règles et les mots, et notez-les sur une liste visible de tous. La cohérence est plus bienveillante qu’il n’y paraît.

McConnell, The Other End of the Leash (2002).

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Communiquer clairement

Faites attention à vos mots et à votre ton

Le chien a un vocabulaire restreint et aucune notion de grammaire : restez donc simple et clair. Il apprend la « forme sonore » d’un mot, et c’est votre ton qui porte l’essentiel du sens. Choisissez cinq mots courts (par exemple Assis, Couché, Reste, Pied, Viens), affichez-les sur le frigo, et veillez à ce que tout le monde emploie exactement les mêmes.

Pour appeler votre chien ou l’activer, utilisez des sons courts, rapides et répétés, sur un ton montant, tout en vous éloignant. Pour le calmer, un seul son long, grave et descendant. Pour l’arrêter en pleine action, une note unique, brève et sèche.

McConnell (1990), Animal Behaviour 39: 897, et The Other End of the Leash (2002).

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Le chiot : la fenêtre qui façonne tout

Le chiot connaît une brève période, unique dans sa vie, où son cerveau est prêt à accueillir le monde sans peur. Réussissez-la et vous bâtissez un chien adulte confiant. Manquez-la, et il sera très difficile de rattraper le temps perdu.

La fenêtre la plus réceptive : environ 3 à 14 semaines

La période sensible de socialisation du chiot couvre à peu près les trois premiers mois, environ 3 à 14 semaines, lorsque la curiosité naturelle l’emporte sur la peur. Comme le chiot arrive généralement chez vous vers 8 semaines, la partie que vous maîtrisez le plus va à peu près de 8 à 14 semaines : un chiot qui arrive à la maison a donc un besoin urgent de commencer sa socialisation dès son arrivée. Des cours pour chiots bien menés peuvent débuter dès 7 à 8 semaines, une fois que le chiot a reçu au moins un premier vaccin (suivez l’avis de votre vétérinaire). Ce qu’un chiot apprend à trouver normal durant cette fenêtre, il l’accepte généralement toute sa vie.

AVSAB, position statement on puppy socialization (avsab.org).

Ce qu’est la socialisation

Une exposition positive et en douceur à une part du monde aussi large que vous pouvez gérer en toute sécurité : des personnes de tous âges et de toutes apparences, des chiens calmes et vaccinés, d’autres animaux, des surfaces, des bruits, des trajets en voiture, et le fait d’être manipulé partout, oreilles, pattes, gueule. Le but, ce sont des associations heureuses, construites au rythme du chiot avec friandises et félicitations, pour que « nouveau » finisse par vouloir dire « bien ». Un peu, souvent, et toujours en s’arrêtant avant que le chiot ne soit fatigué ou dépassé.

AVSAB, position statement on puppy socialization (avsab.org).

Ce que la socialisation n’est PAS

Ce n’est pas submerger le chiot d’expériences écrasantes en espérant qu’il s’en sorte : forcer un chiot apeuré à avancer fait du mal, pas du bien. Ce n’est pas simplement « le laisser rencontrer tous les chiens », ni l’emmener dans les parcs à chiens ou les lieux fréquentés et non désinfectés avant qu’il ne soit protégé. Et il ne s’agit pas que des chiens. Un chiot qui croise d’autres chiens mais jamais un aspirateur, un enfant, un vétérinaire ou un trajet en voiture n’est pas bien socialisé. Surveillez les signaux de peur évoqués plus haut et relâchez la pression dès que vous les repérez.

AVSAB, position statement on puppy socialization (avsab.org).

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Vous avez adopté ? Merci.

En offrant une seconde chance à un chien, vous avez fait quelque chose de vraiment bien. Beaucoup de ces chiens arrivent avec un passé que vous ne connaîtrez jamais tout à fait. Allez-y en douceur, attendez-vous à un parcours en zigzag, et sachez que les efforts que vous vous apprêtez à fournir en valent la peine.

Le repère des « 3:3:3 » : une carte approximative, pas un calendrier

Une façon pratique d’imaginer l’adaptation d’un chien adopté, c’est l’idée des « 3:3:3 » : environ les 3 premiers jours pour décompresser et ne pas se sentir submergé, les 3 premières semaines pour commencer à apprendre vos habitudes et laisser sa personnalité s’exprimer, et les 3 premiers mois pour commencer à se sentir vraiment chez lui et à vous faire confiance. Voyez-les comme de doux repères, pas comme des échéances. Chaque chien est différent : certains s’installent en quelques semaines, d’autres mettent de six mois à un an, et c’est tout à fait normal. Suivez le rythme de votre chien, pas le calendrier.

ASPCA, « Pet Adjustment Periods: 3 Days, 3 Weeks, 3 Months » (aspcapro.org).

Quand le passé laisse des traces, vous n’avez pas à l’affronter seul

Les chiens au passé inconnu ou difficile peuvent réagir de façon soudaine ou difficile à déchiffrer. Cela trouve souvent racine dans la peur, ou dans une forme de détachement né d’un manque de socialisation précoce. Ce ne sont pas les signes d’un « mauvais chien », mais ceux d’un chien qui n’a pas encore appris à se sentir en sécurité. Ce genre de comportement n’est pas quelque chose que vous devriez avoir à gérer seul. Une aide spécialisée existe, auprès de comportementalistes canins qualifiés et de votre vétérinaire, et le bon accompagnement peut tout changer. Si votre chien manifeste une peur, une anxiété ou une agressivité persistantes, n’hésitez pas à demander de l’aide, à votre vétérinaire ou à un comportementaliste.

Parlez-en à votre vétérinaire ou à un comportementaliste qualifié.

N’abandonnez pas votre chien, je vous en prie. Quelque part en lui, souvent derrière un mur bâti par la peur, se cache le chien dont vous rêviez. Et le jour où ce mur tombe, le jour où votre chien décide de vous laisser entrer, peut compter parmi les plus émouvants de votre vie. Cela en vaut vraiment la peine.

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Sources & pour aller plus loin

McConnell, P. B. (2002). The Other End of the Leash. Ballantine Books.

McConnell, P. B. (1990). « Acoustic structure and receiver response in Canis familiaris. » Animal Behaviour, 39, 897–904.

Pryor, K. Don’t Shoot the Dog! The New Art of Teaching and Training.

Rugaas, T. On Talking Terms with Dogs: Calming Signals. Dogwise.

Duranton, C., & Horowitz, A. (2019). « Let me sniff! Nosework induces positive judgment bias in pet dogs. » Applied Animal Behaviour Science, 211, 61–66.

American Veterinary Society of Animal Behavior (AVSAB). Position statements on puppy socialization and humane dog training. avsab.org.

American Society for the Prevention of Cruelty to Animals (ASPCA). Pet Adjustment Periods. aspcapro.org.

American Kennel Club (AKC). Training articles. akc.org.